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Comment ? Aller à Bayreuth avant le début du Festival ?
Bizarre, quand même. Eh bien, non, car nous y sommes allés à l’invitation de la Mairie de Bayreuth, relayée par la Mairie d’Annecy. Le cercle Wagner en délégation, ce n’est pas rien... Autant le dire tout de suite, nous étions invités à voir la répétition générale du Vaisseau Fantôme, avec un grand nombre d’autres personnes. Las... ! Katharina Wagner en a décidé autrement, sans donner la moindre explication. Imaginez une délégation dépitée, furieuse, triste... tout s’écroulait. C’était compter sans nos hôtes, amicale franco-allemande, Mairie, Verband, impuissants malgré leur colère. Ils se sont mis en quatre pour atténuer la déception, contre le ressentiment envers Katharina ils ne pouvaient rien.
Le leitmotiv chez Wagner est loin d’être un simple outil de reconnaissance d’un personnage ou d’une action. Il n’est pas là pour simplement émouvoir mais aussi pour faire réfléchir. Au début de sa carrière de compositeur, Wagner était plus tourné vers le mouvement romantique. 1943 marque une rupture dans son oeuvre. A partir de là, la poésie vient nourrir la musique de façon constante.
Le leitmotiv est un objet protéiforme : il est à la fois vocabulaire et grammaire. On a d’abord un rythme puis une mélodie (harmonies, arpèges etc..). La mélodie peut être complexe ou simple, liée à un personnage ou à un sentiment ou à une atmosphère. Elle peut être polysémique, liée à un personnage + une action. Un même motif peut condenser plusieurs sens.
Certains motifs sont très présents, d’autres sont rares. Ils sont parfois associés à un langage musical commun (à un instrument par exemple).
Chantal Lansard nous a quittés,
Elle avait cofondé le Cercle Wagner d’Annecy-Savoie avec Marcel Dijoud, elle l’a littéralement incarné pendant de très nombreuses années. Incarné, parce que tout en elle était amour de la musique, de l’opéra, de Wagner en général, et même de Parsifal en particulier. Une représentation de Parsifal annoncée en Europe ? Elle y était, c’était impossible autrement ! Elle a « transporté » en tous les sens du terme nombre d’amateurs plus ou moins éclairés dans les voyages qu’elle organisait : Bayreuth, d’abord et avant tout, mais aussi Münich, Baden-Baden, Prague, Savonlinna, Wells... C’était une éclaireuse, une « transmetteuse », partageant généreusement ses expériences et connaissances avec tous, même ceux qui ne savaient pas lire une partition.
Nous espérons que le Cercle continuera ces missions qu’elle assumait. Si nous n’avons pas toutes ses compétences, nous avons l’enthousiasme qu’elle nous a transmis.
Merci à elle.
Vous trouverez ci-après le texte d’une conférence donnée en 2020 par Chantal Lansard, résumée par Bruno Perrier, qui fait partie des premiers membres du Cercle.
Belle comme l’antique : Pénélope de Gabriel Fauré
« Pénélope » est un chef-d’œuvre méconnu, créé en 1913 à l’opéra de Monte Carlo sur un livret de René Fauchois . C’est la partition la plus vaste de Gabriel Fauré, son unique opéra. C’est un opéra peu dramatique mais qui contient des pages sublimes, un drame continu dans la lignée post Wagner.
13 opéras français sont composés entre la mort de Wagner et Fauré, dont « Fervaal » de Vincent d’Indy, « Pelléas et Melissande » de Debussy, « Le Roi Artus » de Chausson, « Ariane et Barbe Bleue » de P. Dukas.
Brève biographie : Gabriel Fauré est né à Pamiers dans l’Ariège en 1845. Il est envoyé à l’école de musique Niedermeyer à Parie. Il va être l’élève de Saint-Saens et de Debussy. Ensuite il est nommé maître de chapelle à Rennes, puis à Paris : d’abord à l’église St Sulpice et enfin à la Madeleine. En 1896 il devient professeur au Conservatoire (où il aura comme élèves entre autres, Ravel et Nadia Boulanger) et enfin il en devient le directeur. Il sera élu à l’Académie. Atteint de surdité après 1903, il ne semble pas avoir été trop handicapé. A sa mort en 1924 on lui fait des funérailles nationales.









