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Bayreuth, été 2026 par Jean-François Rabain, membre du Cercle Wagner Annecy-Savoie
Le Ring de Wagner, représenté à Bayreuth du 12 au 16 août 2026, nous a véritablement enchanté tant sur le plan musical qu’orchestral. Christian Thielemann fut à chaque représentation longuement applaudi. Les chanteurs aussi. Citons Michael Volle (Wotan), Klaus Florian Vogt (Loge, Siegmund et Siegfried), Anna Kissjudit (Fricka), Evelin Novak (Freia), Christa Mayer (Erda et Waltraute), Jochen Schmeckenbecher (Alberich). Mika Kares (Hunding et Hagen), Elza van den Heever (Sieglinde), Camilla Nylund (Brunnhilde), Gerhart Siegel (Mime), Michael Kupfer-Radecky (Gunther), Magdalena Hinterdobler (Gutrune)...
En revanche, la mise en scène ou plutôt son absence a été très controversée. Marcus Lobbes, curator du Ring, a préféré les services de l’IA pour projeter des images sur le fond de la scène alors que les chanteurs, difficiles à distinguer, se trouvaient un peu perdus et sans direction au-devant de la scène.
« L’œil écoute », écrit Paul Claudel à propos de la peinture. Regarder un tableau, c’est en saisir la profondeur, « entendre » ce qu’il dit. Ce n’est, hélas, pas le cas ici à Bayreuth avec cette nouvelle production de la Tétralogie dont Marcus Lobbes est le curator. A la place d’une mise en scène, Lobbes nous propose un défilé ininterrompu d’images générée par l’IA qui captent notre regard et empêchent l’écoute sereine de la musique. Beaucoup de festivaliers ferment les yeux pour entendre l’orchestre et la voix des chanteurs. Des huées ont salué l’apparition de Marcus Lobbes sur la scène à la fin du spectacle. L’utilisation de l’IA qui tient lieu de mise en scène pour cette nouvelle Tétralogie n’a pas vraiment convaincu le public.
Comment ? Aller à Bayreuth avant le début du Festival ?
Bizarre, quand même. Eh bien, non, car nous y sommes allés à l’invitation de la Mairie de Bayreuth, relayée par la Mairie d’Annecy. Le cercle Wagner en délégation, ce n’est pas rien... Autant le dire tout de suite, nous étions invités à voir la répétition générale du Vaisseau Fantôme, avec un grand nombre d’autres personnes. Las... ! Katharina Wagner en a décidé autrement, sans donner la moindre explication. Imaginez une délégation dépitée, furieuse, triste... tout s’écroulait. C’était compter sans nos hôtes, amicale franco-allemande, Mairie, Verband, impuissants malgré leur colère. Ils se sont mis en quatre pour atténuer la déception, contre le ressentiment envers Katharina ils ne pouvaient rien.
Le leitmotiv chez Wagner est loin d’être un simple outil de reconnaissance d’un personnage ou d’une action. Il n’est pas là pour simplement émouvoir mais aussi pour faire réfléchir. Au début de sa carrière de compositeur, Wagner était plus tourné vers le mouvement romantique. 1943 marque une rupture dans son oeuvre. A partir de là, la poésie vient nourrir la musique de façon constante.
Le leitmotiv est un objet protéiforme : il est à la fois vocabulaire et grammaire. On a d’abord un rythme puis une mélodie (harmonies, arpèges etc..). La mélodie peut être complexe ou simple, liée à un personnage ou à un sentiment ou à une atmosphère. Elle peut être polysémique, liée à un personnage + une action. Un même motif peut condenser plusieurs sens.
Certains motifs sont très présents, d’autres sont rares. Ils sont parfois associés à un langage musical commun (à un instrument par exemple).
Chantal Lansard nous a quittés,
Elle avait cofondé le Cercle Wagner d’Annecy-Savoie avec Marcel Dijoud, elle l’a littéralement incarné pendant de très nombreuses années. Incarné, parce que tout en elle était amour de la musique, de l’opéra, de Wagner en général, et même de Parsifal en particulier. Une représentation de Parsifal annoncée en Europe ? Elle y était, c’était impossible autrement ! Elle a « transporté » en tous les sens du terme nombre d’amateurs plus ou moins éclairés dans les voyages qu’elle organisait : Bayreuth, d’abord et avant tout, mais aussi Münich, Baden-Baden, Prague, Savonlinna, Wells... C’était une éclaireuse, une « transmetteuse », partageant généreusement ses expériences et connaissances avec tous, même ceux qui ne savaient pas lire une partition.
Nous espérons que le Cercle continuera ces missions qu’elle assumait. Si nous n’avons pas toutes ses compétences, nous avons l’enthousiasme qu’elle nous a transmis.
Merci à elle.
Vous trouverez ci-après le texte d’une conférence donnée en 2020 par Chantal Lansard, résumée par Bruno Perrier, qui fait partie des premiers membres du Cercle.








