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Bayreuth, été 2026 par Jean-François Rabain, membre du Cercle Wagner Annecy-Savoie
La représentation de L’or du Rhin, hier soir, était très réussie et longuement applaudie. Les chanteurs étaient magnifiques.
Parmi eux, Michael Volle (Wotan), Klaus Florian Vogt (Loge), Jochen Schmeckenbecher (Alberich) et Anna Kissjudit (Fricka) ont été particulièrement remarqués.
Christian Thielemann a été longuement applaudi à la fin de la représentation. On nous a confirmé le caractère expérimental de la nouvelle mise en images confiée à l’IA. À chaque fois Marcus Lobbes and co améliorent le timing du déroulement des images projetées sur le fond de la scène...
Au début, ça commençait par la projection de « L’origine du monde » de Courbet, au prétexte du moment originaire de L’or du Rhin, le mi bémol majeur de 4 minutes. Le Courbet inutile et obscène a fort heureusement disparu hier soir. Lobbes va désaccélérer la vitesse de projection pour les prochaines représentations et c’est fort heureux, car l’image qui s’auto-transforme à chaque seconde épuise le spectateur qui doit fermer les yeux pour entendre la musique…
Les costumes assez baroques et assez identiques ne permettaient guère de distinguer les rôles de chacun.
Heureusement les voix nous permettaient de suivre chaque mouvement musical et chaque rôle… Christian Thielemann a été applaudi. Il le méritait et l’orchestre aussi... Bref un Or du Rhin splendide qui nous a ravi.
Comment ? Aller à Bayreuth avant le début du Festival ?
Bizarre, quand même. Eh bien, non, car nous y sommes allés à l’invitation de la Mairie de Bayreuth, relayée par la Mairie d’Annecy. Le cercle Wagner en délégation, ce n’est pas rien... Autant le dire tout de suite, nous étions invités à voir la répétition générale du Vaisseau Fantôme, avec un grand nombre d’autres personnes. Las... ! Katharina Wagner en a décidé autrement, sans donner la moindre explication. Imaginez une délégation dépitée, furieuse, triste... tout s’écroulait. C’était compter sans nos hôtes, amicale franco-allemande, Mairie, Verband, impuissants malgré leur colère. Ils se sont mis en quatre pour atténuer la déception, contre le ressentiment envers Katharina ils ne pouvaient rien.
Le leitmotiv chez Wagner est loin d’être un simple outil de reconnaissance d’un personnage ou d’une action. Il n’est pas là pour simplement émouvoir mais aussi pour faire réfléchir. Au début de sa carrière de compositeur, Wagner était plus tourné vers le mouvement romantique. 1943 marque une rupture dans son oeuvre. A partir de là, la poésie vient nourrir la musique de façon constante.
Le leitmotiv est un objet protéiforme : il est à la fois vocabulaire et grammaire. On a d’abord un rythme puis une mélodie (harmonies, arpèges etc..). La mélodie peut être complexe ou simple, liée à un personnage ou à un sentiment ou à une atmosphère. Elle peut être polysémique, liée à un personnage + une action. Un même motif peut condenser plusieurs sens.
Certains motifs sont très présents, d’autres sont rares. Ils sont parfois associés à un langage musical commun (à un instrument par exemple).
Chantal Lansard nous a quittés,
Elle avait cofondé le Cercle Wagner d’Annecy-Savoie avec Marcel Dijoud, elle l’a littéralement incarné pendant de très nombreuses années. Incarné, parce que tout en elle était amour de la musique, de l’opéra, de Wagner en général, et même de Parsifal en particulier. Une représentation de Parsifal annoncée en Europe ? Elle y était, c’était impossible autrement ! Elle a « transporté » en tous les sens du terme nombre d’amateurs plus ou moins éclairés dans les voyages qu’elle organisait : Bayreuth, d’abord et avant tout, mais aussi Münich, Baden-Baden, Prague, Savonlinna, Wells... C’était une éclaireuse, une « transmetteuse », partageant généreusement ses expériences et connaissances avec tous, même ceux qui ne savaient pas lire une partition.
Nous espérons que le Cercle continuera ces missions qu’elle assumait. Si nous n’avons pas toutes ses compétences, nous avons l’enthousiasme qu’elle nous a transmis.
Merci à elle.
Vous trouverez ci-après le texte d’une conférence donnée en 2020 par Chantal Lansard, résumée par Bruno Perrier, qui fait partie des premiers membres du Cercle.








