“La musique commence là où s'arrête le pouvoir des mots.”

Richard WAGNER

Cercle Richard Wagner Annecy-Savoie

“La musique commence là où s'arrête le pouvoir des mots.”

Richard WAGNER

Conférence de Pascal Bouteldja

2026 marque le bicentenaire de la mort de Weber. Wagner a été au contact de la musique de Weber dès son jeune âge. Enfant il jouait des morceaux de Weber au piano. Les 2 musiciens qui ont le plus marqué Wagner sont Weber et Beethoven mais Weber a été le plus influent dans sa jeunesse. En 1881 en montrant une partition de Weber, Wagner déclarait : « Je viens de l’apporter pour montrer qui est mon maître ».

R. Wagner a profondément aimé Weber dès son enfance. Weber était devenu maître de la chapelle royale à Dresde, chargé de faire connaitre le répertoire allemand, poste qu’il garda jusqu’à sa mort. Il participait à la vie royale, composait des cantates etc. Weber était le champion de l’art allemand. Geyer, le beau-père de Richard Wagner, était très impliqué dans la vie musicale de Dresde mais il meurt prématurément.

 

Le jeune Wagner se prend de passion pour le « Freischütz », créé à Berlin en 1821 et joué à Dresde en 1823 avec un grand succès. Le « Freischütz » est alors très populaire, l’opéra s’émancipe de l’influence des Italiens pour créer un art allemand. Toute la famille de Wagner vivait dans une atmosphère musicale (Wagner avait même joué enfant devant Weber), et Wagner voulait faire du théâtre. Le « Freischûtz », avec son sujet fantastique, joue bien sur l’imagination et la sensibilité de Wagner.

R. Wagner rencontre Weber à 9 ans et il est très impressionné. Mais alors Geyer ne pense pas à une carrière musicale pour l’enfant. Vers 12 ans Richard apprend le piano et il va exécuter quelques oeuvres de Weber, mais il n’a pas le doigté d’un pianiste. Weber meurt de tuberculose à Londres en 1926 et Wagner est affecté, mais entre-temps il avait rencontré Beethoven. En 1839 Wagner écoute le « Freischütz » à Paris lors d’un séjour. En 1841 première création de l’opéra à Paris dans sa version d’origine. On demande une traduction en français et c’est Berlioz qui s’en charge. Il orchestre aussi « l’ lnvitation à la valse ». Paraît alors le premier article de Wagner sur le romantisme allemand. Au lieu de récitatifs très longs sans cohérence dramatique il oppose le « Freischûtz » qui exprime l’âme du sentiment allemand. George Sand est d’accord avec lui.

Dans un 2ème article il fait une exécution en règle de l’opéra français, véritable réquisitoire. Dans l’air de Max (du Freischûtz) on trouve tout ce que Wagner aimait dans la musique allemande qui était nouveau. Wagner s’est démené pour soutenir la veuve de Weber en poussant pour qu’on reprenne le « Freischûtz » mais c’est un échec. Wagner ne l’a jamais rencontrée à Paris. Wagner retourne en Allemagne, il acquiert une grande célébrité pour « les Maîtres Chanteurs » puis (un peu moins) pour le « Vaisseau Fantôme ». Il rencontre alors la veuve de Weber. Weber n’est pas remplacé à Dresde et Wagner y est finalement nommé en 1843 Maître de Chapelle. (Il devra démissionner au moment de la révolution de 1849). Il fait rapatrier la dépouille de Weber à Dresde, organise un grand festival de musique en Saxe pour lever des fonds. Il se heurte à des réticences à Dresde pour le transfert. Meyerbeer intervient à Berlin et finalement le transfert se fait.Le cercueil arrive à Hamburg par bateau, puis à Dresde. Wagner a composé une symphonie funèbre et il fait un discours.

Une statue de Weber est érigée à Dresde en 1860 grâce aux efforts de Wagner pour qui « le Freischûtz est au-dessus de tout ». Weber a créé un genre romantique germanique, une harmonie nouvelle. Et le « Freischûtz » a fait l’ouverture de l’opération de Dresde après sa reconstruction après la guerre, en 1985.